Elsa Lefebvre

A PROPOS

Née en 1979, vit et travaille à Bruxelles.

Elsa Lefebvre est diplômée en 2012 de la Villa Arson, Nice. Avant d’intégrer les Beaux Art, elle a fait des études de
Cinéma à Paris.

 

ELSA LEFEBVRE, FLIBUSTIÈRE DE CARNAVAL
 
Voyage initiatique vers l’archipel en carton
Elsa Lefebvre

 

Il est, dans de champ très large de l’art (celui-ci allant des arts dits visuels à la chorégraphie, en passant par la musique, le cinéma ou le théâtre), une catégorie qui m’a toujours étonné, ou, plutôt, déconcerté, c’est celle des « bons élèves », je veux dire des « bons élèves » absolument « bons à tout » mais guère « bons à rien », comme l’entendait par souci d’équivalence principielle le cher Robert Filliou. Ceci, bien entendu, n’enlève pas aux « bons élèves » leurs qualités réelles (qu’il ne convient pas forcément de jeter aux orties), mais n’ajoute pas l’indispensable faille qui fait de l’artiste, l’artiste. Je reconnais que le diagnostic peut paraître brutal, mais il s’agit bien de cela souvent. La faille ne se perçoit pas forcément au premier abord, mais se révèle par quelques indices : ici un relâchement formel, là une imprécision d’intention, ou des tentations contradictoires, ou un goût immodéré pour les matériaux de pacotille, voire, paradoxalement, une ambition démesurée, alors que les qualités esthétiques des œuvres présentées sont pour le moins discutables.

On l’aura compris par cette courte entrée en matière, je range dans la catégorie des « artistes bons à rien », c’est à dire « bons à tout », c’est à dire, donc, artistes « tout court », « vrais artistes » en somme, Elsa Lefebvre. Je sais bien que le biais par lequel on voudrait l’annexer d’emblée, celui d’un certain art « brut », un art à la première personne, d’une inventivité singulière, est plutôt perçu de façon négative, quand elle n’est pas franchement méprisante ; la définition qu’en donnait Jean Dubuffet est cependant exemplaire, et sied parfaitement à l’art d’Elsa Lefebvre : « Le vrai art il est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. » En réalité, je songe moins, et même pas du tout, en voyant le travail d’Elsa Lefebvre aux artistes qualifiés de « bruts », qu’à ceux qui, libérés de ce que Dubuffet dénonçait comme « l’art culturel », ont allègrement déréglé les boussoles critiques par une insolence a priori sans naïveté. Des noms ? Il y a, bien sûr, tous les amis de Fluxus, mais aussi, plus près de nous, rejetons lointains de Picabia, une flopée de jeunes gens sans complexes, pour beaucoup cependant comme Elsa Lefebvre diplômés de nos écoles d’art, authentiques « flibustiers de carnaval », bricolant de façon fantaisiste, sous forme d’assemblages instables d’objets de consommation, un art coloré aux relents d’anarchisme festif. Plus que chez la plupart de ces jeunes contemporains, néanmoins, une sorte de candeur toute particulière habite à l’évidence Elsa Lefebvre : une candeur rassurante à l’heure où l’emporte fâcheusement l’efficacité habile, quelque atour elle prenne dans les expositions repères remâchant péniblement les tics d’époque assimilables à des modes d’emploi de la réussite. Elsa Lefebvre, elle, ne pense pas en terme de conduite. Ou de marche à suivre. Ou de contexte de reconnaissance. Elle agit l’art passionnément (on pourrait presque parler de boulimie créatrice) plus qu’elle ne le conçoit, avec un sens très vif de la liberté, en particulier formelle, liberté sans garde-fou ni obéissance à d’illusoires règles esthétiques. Une liberté insoumise qu’il faut bien appeler poésie. Quel autre mot ? Cela donne en effet des œuvres du genre turbulent, un brin déglinguées, multipliant les courts circuits visuels et les effets de matières déconcertants, d’une drôlerie constante, qui justifient pleinement leur référence assumée et plus intemporelle au carnavalesque à mille lieues du bon goût purificateur.
Tout Elsa Lefebvre est là, dans cette distance synonyme d’invention.

Arnaud Labelle-Rojoux

EXPOSITIONS

2012

  • Le Trou
    Villa Bernasconi (Genève, Suisse)
    Exposition de groupe sur l’invitation de Bertrand Lacombe et
    Sophie Dejode

2013

  • The View From Here
    Sim Residency (Reykjavk, Islande)
    Exposition de groupe
  • Does This Make Today’s Homes So Different So Appealing
    Maison des Artistes (Cagnes sur Mer, France)
    Exposition en duo avec Floriane Spinetta
  • Nautilus
    Del Art Center (Nice, France)
    Exposition de groupe sur l’invitation de Floriane Spinetta

2014

  • Wild Slumber For Industrial Ecologists
    Verksmiojan (Hjalteyri, Islande)
    Exposition de groupe

2015

  • Perdre la Tête au pays des Selfies
    Grand Palais (Nuit blanche, Paris, France)
    Sur l’invitation du Collectif PezCorp
  • Dépendances
    Crash Gallery (Lille, France)
    Exposition de Groupe
  • Parcours du Printemps de l’Art Contemporain
    Atelier Lorette (Marseille, France)
    Exposition de Groupe
  • Le Kabinet du Dessin
    Le Kabinet (Bruxelles, Belgique)
    Exposition de groupe

2016

  • La Préfiguration du Palais des Egos Etranges Galerie Eva Vautier (Nice, France)
    Exposition collective organisée par Ben Vautier

A venir

  • Participation au Festival de Performance de INACT, à Strasbourg, en juin 2016

MEDIAS

INTERVIEW

Quels sont les artistes contemporains qui vous inspirent ou vous ont inspiré ? Pourquoi ?

Aujourd’hui, trois noms me viennent tout de suite à l’esprit : Jean-Luc Verna, Arnaud Labelle-Rejoux et Pascale Marthine Tayou. Jean-Luc Verna est pour moi la définition même de l’élégance Punk. Il a la force et le talent de mettre en scène le désordre de la vie, de l’histoire avec beauté, force et extravagance.
Arnaud Labelle-Rejoux est un Artiste qui joue des formes et des mots avec la magie d’un chamane burlesque.
Pascale Marthine Tayou, je l’ai découvert à la Biennale de Venise en 2009. C’est un alliage parfait entre poésie et
engagement.
Ces trois artistes me touchent et m’inspirent car ils sont avant tout des plasticiens qui prennent artistiquement des risques en mettant à nu leur sincérité et leur engagement face à l’art et à la vie. Pour moi, c’est la définition même d’un artiste, celle à laquelle j’essaye d’être fidèle au long de ma démarche artistique.

Comment avez-vous envisagé votre travail au sein de Sortie 13 ?

J’ai envisagé de m’approprier l’espace qui m’était attribué comme un lieu nomade où une ambiance chamanique et
totémique invite le spectateur à entrer pour y vivre un voyage fantasmagorique. Pluridisciplinaire, je me permets de jouer avec les différents mediums qui m’animent dans ma pratique tels que la sculpture, le dessin et la performance. Les rencontres humaines et artistiques sont les fondements de mon univers plastiques. De cette installation est née en parallèle, un travail de performance avec le groupe de musique Bengale, présent sur scène pour le vernissage. Entre parade et procession, inspirée de leur chanson Delta, le groupe offrira en marge de son concert une danse-rituelle en hommage à la Dancing Queen.

LIENS UTILES

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