Cyril Debon

A PROPOS

Né en 1987
Vit et travaille à Aubervilliers.

« (…)Dans les peintures de Cyril, beaucoup de personnages (que ce soit des amis représentés ou des autoportraits) apparaissent «en situation» (Facebook gurlz, Teddy Coste au Japon, etc.). Dans Have you ever had a dream? (2013) et No David, they are not (2013), les peintures sont mêmes augmentées d’un mécanisme technologique permettant de les animer (balaiement du regard et tablette tactile opérative). La plastique des corps y est bien souvent sur-valorisée, exagérée, la musculature particulièrement développée, comme si la tête de ses personnages avait glissée sur des corps ne leur correspondant pas. Voir à ce propos Gaillard oversized (2013) ou You’re beautiful when you don’t talk (2014).

C’est potache, on n’y croit pas un seul instant.

Candide, Cyril Debon semble chercher un apprentissage superficiel de la jouissance (ce qui excite la convoitise, le désir amoureux, la concupiscence charnelle) avec une telle innocence que cela en deviendrait presque attendrissant.

Sa naïveté enfantine le conduit à concevoir des ramettes de papier dont le quadrillage a priori normé est ici désaxé du modèle standard, incitant l’écolier à écrire de biais (Papier canaille, 2014).

Encore une fois, rien d’étonnant à ce qu’il se soit spontanément tourné vers un porte-savon classique des écoles ou des collectivités. Qui plus est, aujourd’hui, le savon mural rotatif revient en force, et c’est d’un sacré chic que d’en installer un dans sa salle de bains.

«Faire rouler le savon sur vos mains mouillées, frotter les jusqu’à obtention d’une mousse, puis rincer avec de l’eau claire.»

Filant cette logique élémentaire et ingénue, il en vient à concevoir en 2014 des Pochettes surprises (toiles enroulées en forme de cornet contenant une série d’oeuvres authentiques d’artistes divers), les pièces artistiques devenant des «surprises» découvertes après l’ acquisition du support qui les contient.

Sur ses pochettes surprises, les personnages (qui pourraient être issus de l’univers du contes de fée) que Cyril représente, s’affichent dans des scènes stéréotypées qualifiées de «romantiques» (mais nous préférerons le qualificatif de mièvre) et poussées à l’excès dans le cliché.

La «sculpture pour salle de bain» comme il l’appelle, en est un parfait exemple : une femme caresse la jambe nue de l’homme-étalon dans son dos qui, regard au loin, affiche un air imperceptible et déterminé. Tous les personnages de Cyril posent, comme s’ils avaient déjà conscience de l’image qui sera renvoyée d’eux une fois la toile peinte.

Les personnages peints ont-ils conscience de la niaiserie de leur représentation ? Chacun d’eux faisant bien souvent l’étalage d’une de leurs qualités pour se faire valoir et attirer l’attention sur eux-même.

Par une anodine conversation avec Cyril, on mesure assez rapidement à quel point ses idées sont bancales, maladroites et puériles; la suffisance visuelle ayant remplacé l’étude des enjeux que ses formes proposent.

Cyril est fragile. C’est un être sensible. Il à l’air d’être particulièrement affecté par le regard que l’on va pouvoir porter sur son travail.
On ne peut que regretter le fait que ces formes proposées, séduisantes au prime abord ne soient que la représentation simpliste de sentiments et rapports humains plus complexes. Cette nouvelle installation révèle de manière évidente l’incapacité de Cyril Debon à déterminer sa position au vu du champ exploré et son absence de réflexions nouvelles à apporter sur le sujet.

Cyril Debon semble chercher à comprendre le sens de ses réalisations. Ça tombe bien, nous aussi. Aujourd’hui, il doit se sentir bien seul. Et bien, nous ne chercherons pas à le secourir de ce naufrage dans lequel il semble se complaire. »

Ludovic Beillard & Coraline Guilbeau

EXPOSITIONS

2016

  • Curieuses Nocturnes – Musée d’Orsay – 30 juin 2016 – Group show
  • Les fausses dents du prince – 26 mai 2016 – Deborah Bowmann, Bruxelles – Group show
  • Pots and pans all spike and span –  Fabian Home Contemporary – 2016 – Solo show

2015

  • Il doit y avoir quelque chose dans l’eau – Biennale de Mulhouse – 2015 – Solo show

2014

  • You’re beautiful when you don’t talk – Hotel du Pavillon, Bordeaux – 2014 – Solo show

MEDIAS

 

INTERVIEW

Quels sont les artistes contemporains qui vous inspirent ou vous ont inspiré ? Pourquoi ?

Je suis admiratif d’un bon nombre d’artistes actuels, acteurs d’une époque que je trouve formidable pour la création. Mon fil instagram me permet de découvrir tous les jours, de nouveaux artistes talentueux, des «memes» de plus en plus drôles et inventifs, des instababes. Je puise beaucoup de mon inspiration dans ce fil d’actualité.  Pour n’en citer qu’une parmi d’autres, je suis très respectueux du travail de Jana Euler qui parvient admirablement bien à lier ses problématiques conceptuelles à ses formes avec toujours, beaucoup d’humour et d’humilité.

Comment avez-vous envisagé votre travail au sein de Sortie 13 ?

Pour Sortie 13, j’ai choisi de proposer deux types d’œuvres :

  • les « peintures pour salle de bain » qui sont des peintures à l’huile réalisées sur des rectangles de résine fixés au mur à l’aide de plusieurs porte-savons rotatif.
  • les peintures « sur pieds » qui sont des huiles sur toile reposant littéralement sur mes anciennes chaussures remplies de plâtres.

Ces deux séries questionnent la peinture et tentent de repousser ses limites tant de fois scandées. Grâce à ces formes singulières, je peux ainsi aborder la peinture tout en étant débarrassé d’une forme de pression, de fatalisme éprouvé face au poids de l’histoire de l’art.

Pas de pathos, pas de pression, peu de labeur, beaucoup de plaisir.

Etre un artiste de nos jours c’est…

Je n’aurai jamais la prétention de pouvoir expliquer ce qu’est un artiste de nos jours. On peut-être artiste dans tous les corps de métiers cela, j’en suis persuadé. C’est très basique mais vraiment le plus important est d’être vraiment heureux et de trouver un équilibre entre ses aspirations et l’activité exercée pour survivre. Il faut arriver à faire que son travail soit comme des vacances. À ne plus éprouver de tristesse le dimanche soir et le lundi matin.

LIENS UTILES

Le site de l’artiste >>